les lièvres de Barry Flanagan – Flanagan’s hare

L’univers de Barry Flanagan est un bestiaire étrange, mystérieux, qui vient enchanter notre environnement urbain, lui donnant une part de rêve, nous offrant une échappatoire à notre quotidien, nous permettant de nous envoler ailleurs, …

Oui, car une des thématiques les plus célèbres de l’artiste, ce sur quoi je vais écrire aujourd’hui est "le lièvre" en plein envol, …

J’avais été frappé en voyant cette sculpture en bronze d’un lièvre immense, au jardin des Tuileries, lors d’une exposition collective à laquelle participait Barry Flanagan en 1996.

J’avais alors instinctivement pensé à LA FONTAINE. J’avais cherché la tortue sans la trouver.

Après avoir découvert davantage l’oeuvre de Flanagan j’ai aussi bien sûr pensé à l’oeuvre de Lewis CAROLL, tant ces lièvres ont des corps étirés, des dimensions disproportionnées par rapport à la réalité, ont un côté burlesque et facétieux, avec leurs oreilles et leurs pattes que Flanagan modèle au gré de sa fantaisie.

Les sculptures sont pleines de vie, de mouvements.

Il les fait voyager : Son lièvre posé sur l’Empire state Building m’avait fait penser à un clin d’oeil de l’artiste sur le film King Kong.

Dans le monde merveilleux de Barry Flanagan, le monde de la danse est vraiment prégnant ; ses lièvres sont en plein envol, exactement comme des danseurs pourraient l’être. L’artiste est fasciné par la danse : il a lui-même suivi des cours de danse avec Carolyn Carlson.
Grand admirateur de Nijinski, Flanagan va s’inspirer de lui pour réaliser des séries, des variations, en son hommage. Comment ne pas être impressionnée par la capture d’une telle posture, de telles contorsions ?

Pas très éloigné du monde de la danse, l’univers de Flanagan me renvoie également au monde du cirque. J’aime beaucoup ces deux acrobates. Mais j’aurai pu illustrer par des lièvres aux cymbales, ou le spectacle qu’offrent les boxeurs, …

Beaucoup plus sérieux, mais finalement peut-être pas est ce lièvre penseur, directement inspiré de celui de Rodin. Oui, il a un côté massif et puissant comme les sculptures de Rodin et diffère vraiment des lièvres graciles en plein envol ou dansant, se contorsionnant.

Je ne voudrais pas réduire l’oeuvre de Flanagan aux lièvres bondissants. Flanagan a un bestiaire, un imaginaire beaucoup plus développé. L’éléphant, le cheval, le léopard ont fait l’objet de nombreuses sculptures. Flanagan a d’ailleurs réalisé des compositions alliant deux thèmes : Eléphant et lièvre, éléphant et léopard ….

Et puis, Flanagan est un excellent dessinateur : il a fait de splendides nus, … des visages, …Pour préparer ses sculptures, je suppose, ou pour aplatir les lièvres sur un plan, une table, une feuille, et les réduire à deux dimensions, Flanagan a également dessiné ses fameux lièvres !

Une superbe exposition : "chevaux et compagnie" se tient à la galerie Lelong, rue de téhéran, du 07 avril au 11 mai 2011 : http://www.galerie-lelong.com/paris/fr_paris.htm en photo, un lièvre penseur sur un cheval !

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